Interdire une technologie qui a dominé le marché pendant des décennies n’a rien d’un détail administratif. Depuis 2022, plusieurs grandes villes européennes appliquent des restrictions de circulation strictes aux véhicules diesel, quel que soit leur niveau d’émissions. En France, la loi Climat et Résilience prévoit l’interdiction de la vente des voitures neuves à moteur thermique, dont les diesels, dès 2035.
Malgré la chute continue des ventes de diesel auprès des particuliers, certains constructeurs misent encore sur le développement de nouvelles générations pour les utilitaires et les flottes professionnelles. Mais le tempo s’accélère : normes d’émissions, fiscalité, tout évolue plus vite que la technologie elle-même.
Le diesel et l’essence à l’heure des grandes mutations : état des lieux du marché
Le paysage automobile subit une transformation profonde. Le diesel, autrefois roi des routes françaises, cède la place alors que les voitures électriques et hybrides s’imposent à marche forcée. Les constructeurs, eux, n’ont plus le choix : il faut réinventer la stratégie. Peugeot fait de l’électrification son nouveau terrain de jeu, Renault repense ses gammes thermiques pour laisser plus de place à l’hybride. Volkswagen, longtemps synonyme de diesel performant avec le TDI, investit désormais massivement dans l’électrique. Quant à BMW et Toyota, l’hybride devient leur carte maîtresse, reléguant progressivement le diesel au second plan.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la part des véhicules diesel dans le parc automobile français s’effondre. En 2012, plus de sept voitures neuves sur dix roulaient au diesel. En dix ans, le rapport s’est inversé. Même sur le marché de l’occasion, la tendance bascule : l’essence et l’hybride grignotent du terrain, tandis que la décote frappe durement les modèles diesel récents.
Pour mieux cerner la dynamique actuelle, voici les grandes tendances qui se dégagent :
- Voitures thermiques : elles restent majoritaires, mais perdent du terrain chaque année.
- Ventes de voitures neuves : l’électrique et l’hybride progressent trimestre après trimestre.
- Constructeurs : les chaînes de production se réorganisent, l’électrification gagne en importance.
Le marché s’ajuste, poussé par les réglementations et la pression fiscale. Désormais, le choix ne se limite plus à diesel ou essence : l’hybride et l’électrique s’installent durablement dans l’offre, bouleversant les usages et la conception même des moteurs thermiques.
Réglementations européennes et françaises : vers la fin programmée des moteurs thermiques ?
L’Europe impose sa cadence. Avec le Green Deal, Bruxelles fait monter la barre : des niveaux d’émissions toujours plus bas pour les véhicules neufs, et une norme Euro 7 qui, dès 2025, vise particulièrement les moteurs thermiques, notamment les diesels. Résultat, les constructeurs comme Peugeot et Renault réallouent massivement leurs investissements pour anticiper la disparition progressive des voitures thermiques neuves à l’horizon 2035.
En France, les règles se durcissent encore. Les zones à faibles émissions (ZFE) se multiplient dans les grandes agglomérations. Paris, Lyon, Grenoble et d’autres villes ferment peu à peu la porte aux véhicules Crit’Air 4 et 5, principalement des diesels anciens. La feuille de route est claire : dès 2025, de nombreux quartiers deviendront inaccessibles à ces modèles exclus par le classement Crit’Air.
La fiscalité prend le relais pour encourager le changement. Bonus écologique, prime à la conversion : tout converge vers les véhicules à faibles émissions. Même les diesels récents, plus sobres, subissent déjà ce changement de cap. Les textes européens et français tracent ainsi une trajectoire qui réduit chaque année la place des moteurs thermiques sur le marché.
Quels impacts pour les automobilistes et les constructeurs face à la transition énergétique ?
Pour les automobilistes, la mutation actuelle chamboule les habitudes. Choisir aujourd’hui une voiture électrique, une hybride ou une thermique, c’est devoir peser l’autonomie réelle, le prix du carburant, la disponibilité des bornes de recharge et la valeur de revente. Les propriétaires de diesel voient déjà la cote de leur véhicule dévisser sur le marché de l’occasion. Dans les grandes villes, les restrictions d’accès se multiplient, tandis que la hausse de la fiscalité alourdit la note à la pompe.
Du côté des constructeurs, le défi est immense. Adapter les usines, redéployer les compétences, investir massivement dans la motorisation électrique, tout cela sans sacrifier la rentabilité : la transition énergétique bouscule tout sur son passage. Peugeot, Renault, Volkswagen accélèrent sur l’électrique et l’hybride, alors même que la demande pour le thermique décroît. L’emploi industriel est en jeu : produire une voiture électrique, c’est mobiliser moins de main-d’œuvre qu’un véhicule diesel ou essence, ce qui fragilise de nombreux territoires industriels.
| Type de motorisation | Impacts sur l’emploi | Adaptation nécessaire |
|---|---|---|
| Thermique (diesel/essence) | Réduction progressive | Reconversions, formations |
| Électrique/hybride | Nouveaux métiers, automatisation | Investissements, innovation |
La transition ne se fait pas à la même vitesse partout. Dans certaines zones rurales, le réseau de recharge électrique est encore balbutiant, ce qui complique le remplacement rapide du diesel. On discute de biocarburants ou d’hydrogène comme alternatives, mais rien n’est encore massivement déployé.
Acheter un véhicule diesel aujourd’hui : un choix encore pertinent ou une décision risquée ?
Acquérir une voiture diesel en 2024, c’est accepter de rouler à contre-courant. Les modèles d’occasion, souvent robustes et accessibles, se trouvent facilement, mais la demande s’effrite et la décote s’accélère. Pour les citadins, les restrictions se multiplient et les zones à faibles émissions ferment la porte à de nombreux modèles. Chacun sait que la réglementation pèse lourdement sur la valeur de revente.
Pourtant, dans de vastes territoires ruraux, le diesel conserve son intérêt. Autonomie généreuse, consommation réduite sur de longues distances : pour ceux qui avalent les kilomètres, ces avantages restent décisifs. Les prix en occasion, souvent attractifs, séduisent encore certains acheteurs. Mais l’incertitude règne quant à la revente et à l’avenir de certains modèles.
Voici quelques points à considérer avant d’opter pour un modèle diesel :
- Assurance auto : certains assureurs appliquent déjà des surprimes aux modèles diesel les plus anciens.
- Crédit auto : si les taux d’emprunt restent identiques, la décote pèse sur la valeur résiduelle du véhicule.
Ceux qui s’intéressent aux biocarburants ou aux alternatives surveillent l’évolution de ces filières, mais sans certitude d’une généralisation rapide. Face à la montée en puissance de l’électrique et de l’hybride, le diesel devient un choix marqué par l’incertitude, mais aussi par la réalité d’usages toujours variés selon les régions. L’automobile, longtemps terrain de certitudes, s’écrit désormais au conditionnel. Où s’arrêtera la route pour le diesel ?


